Les traitements

Pour chaque étape une stratégie…

Pour avoir le maximum de chance de contrôler le plus longtemps possible l’infection par le virus VIH, il est indispensable de la dépister très rapidement après la contamination. Dans les 48 heures suivant la contamination, un traitement préventif semble en mesure de diminuer les risques de développer l’infection. Mais lorsque celle-ci est installée, un traitement précoce, durable et combiné, permet de rendre la charge virale indétectable dans le sang. Même après l’apparition du sida, les traitements peuvent encore souvent diminuer la réplication virale et améliorer les défenses immunitaires.

Le bon moment pour démarrer un traitement anti-vih

On dispose aujourd’hui de traitements anti-vih très efficaces qui bloquent la multiplication du virus. Ils permettent aux personnes séropositives de rester en bonne santé et d’améliorer la santé des personnes qui sont déjà malades du sida.
C’est surtout le bilan sanguin (T4*, charge virale**) qui indique au médecin le moment où il doit proposer un traitement. Cependant, avant de commencer, il est important de s’informer, de dialoguer avec le médecin et de se sentir prêt à intégrer le traitement dans sa vie quotidienne.

Se décider

Quand commencer?
Aujourd’hui, la décision de débuter un traitement anti-vih est motivée médicalement soit en fonction de la charge virale, soit en fonction des T4 ou des deux à la fois. Si la charge virale révèle que le vih est actif (charge virale supérieure à 10000 copies/ml), on envisage de débuter un traitement pour que le virus arrête d’attaquer les lymphocytes T4. Si le nombres des lymphocytes est inférieur à 500 T4/mm3, on envisage de débuter un traitement pour stopper leur diminution et pour qu’ils augmentent afin de renforcer les défenses de l’organisme.
Il y a rarement urgence à débuter un traitement. On peut prendre le temps de réfléchir, de s’informer sur les médicaments et de choisir le meilleur moment – pour soi – pour démarrer le traitement.

Choisir le meilleur moment
Mieux vaut éviter de débuter le traitement à un moment difficile ou à un moment chargé d’obligations (travail ou autre). Car débuter un traitement nécessite une attention particulière pour prendre de nouvelles habitudes et peut entraîner quelques troubles passagers (en particulier certains troubles digestifs tels que des nausées ou des diarrhées).
Les personnes peuvent demander à voir les médicaments pour savoir à quoi ils ressemblent et s’informer sur la façon de les prendre (Quel intervalle entre les prises? Qu’est-il possible de manger au moment des prises? etc) Ces informations permettent de se faire une meilleure idée de la réalité du traitement que le médecin propose.
Il existe plus d’une dizaine de médicaments anti-vih et l’on peut, en concertation avec le médecin, choisir ceux qui semblent les plus efficaces dans chaque situation, mais aussi les plus simples à prendre en fonction du rytme de vie personnel.
Astuce : s’entraîner « pour de faux » pendant une période avec des bonbons pour tester des horaires de prises et définir ceux qui sont le plus facile à intégrer dans la vie quotidienne.

Débuter le traitement

Le jour J, prendre ses premiers cachets seuls ou entre amis est un choix personnel La convivialité peut aider à franchir cette étape.

Vérifier que le traitement est efficace
4 à 6 semaines après avoir débuté le traitement, puis tous les 2 ou 3 mois, l’efficacité du traitementest évaluée en contrôlant la charge virale et le nombre de des T4 dans le sang.
D’autres éléments peuvent être mesurés pour dépister une éventuelle toxicité des médicaments sur certains organes (foie, reins) et agir avant que des troubles ne se déclenchent.
Cependant, il ne faut pas hésiter à contacter ou solliciter le médecin ou l’hôpital, même en dehors des visites habituelles, si des difficultés à poursuivre la prise du traitement apparaissent ou en cas de survenue de symptômes.
Prendre l’habitude
Pour certaines personnes, prendre un traitement représente un acte quotidien aussi banal, régulier et important que de se brosser les dents, se laver ou même manger.
Pour d’autres, l’acceptation est difficile et la prise des comprimés renvoie à une réalité pénible de la maladie.
Enfin tout le monde ou presque connaît des moments de lassitude à propos du traitement.
En parler (à son médecin, à ses proches, à d’autres personnes en traitement, à un psychologue, à Sida Info Service ou à un volontaire d’une association, etc) peut aider à formuler les incertitudes et les inquiétudes qui peuvent surgir et à trouver des solutions pratiques pour dépasser certaines difficultés.

Pour qu’un traitement soit efficace,
de manière durable,
il est nécessaire de prendre
régulièrement tous les médicaments
prescrits en respectant
bien les conditions de prises indiquées
par le médecin et le pharmacien.

A suivre… pendant combien de temps?

Pour l’instant, rien ne permet de savoir s’il sera possible un jour d’arrêter de prendre un traitement anti-vih.
Les observations recueillies jusqu’à présent montrent que le vih redevient souvent actif (remontée de la charge virale) dès que l’on arrête le traitement même, après avoir passé plus de 24 mois sous traitement avec une charge virale indétectable.

Prendre un traitement aujourd’hui,
c’est se donner les moyens
de rester en bonne santé.
C’est aussi attendre l’arrivée de
traitements encore plus efficaces
qui, on l’espère, permettraient un jour
de bloquer définitivement le virus.

Comment agissent les médicaments?

Rétablir l’équilibre en bloquant l’activité du virus
Le vih est essentiellement présent dans le sang et les ganglions lymphatiques (petits organes en forme de billes que l’on peut palper à différents endroits du corps, par exemple sous les bras, au niveau du cou ou en bas du ventre). Pour se multiplier, le virus a besoin d’infecter certains globules blancs, en particulier les lymphocytes T4 (ou CD4). Au cours de l’infection, le nombre de ces lymphocytes a tendance à diminuer ce qui est un signe que les défenses de l’organisme s’affaiblissent. Le sida se déclenche lorsque les défenses ne permettent plus d’empêcher la survenue d’autres infections qu’elles contrôlent habituellement.

Dans le sang, il est possible de mesurer la quantité de virus (charge virale) et le nombre des T4. Les traitements anti-vih permettent de diminuer, voire de bloquer l’activité du virus et donc de protéger les lymphocytes. Cette action se caractérise rapidement (en quelques semaines ou mois) par une diminution de la charge virale et une augmentation du nombre de lymphocytes.
Aujourd’hui, les bénéfices des traitements sont scientifiquement et médicalement prouvés : ils permettent de contrôler le vih pendant de nombreuses années et réduisent considérablement le risque d’évolution vers le sida.

Les médicaments agissent essentiellemnt à l’intérieur des cellules infectées par le vih. Il existe aujourd’hui deux familles de mlédicaments. La première bloque le vih peu après son entrée dans la cellule (famille des inhibiteurs de la transcriptase inverse). La seconde, celle des antiprotéases (encore appelée famille des inhibiteurs de la protéase), empêche la fabrication de nouveaux vih par la cellule infectée. Une trithérapie consiste à associer trois médicaments anti-vih (souvent 2 médicaments de la première famille + un antiprotéase).

Un médicament, après avoir été avalé , passe dans le sang. Pour qu’il bloque la multiplication du virus de manière efficace, il faut qu’il reste présent dans le sang en quantité suffisante. C’est la raison pour laquelle les médicaments doivent être pris à intervalle de temps régulier (toutes les 8 heures pour certains, toutes les 12 heures pour d’autres, etc.

  • Share/Bookmark